Le Vidomnat des Bornes

BESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswy

Aux  Bornes du temps passé

Site de la section de la Salévienne du plateau des Bornes 

Historique du Vidomnat des Bornes 

 

1. Origines

 

Le vidomnat des Bornes correspond sans doute au départ à un simple mandement seigneurial détenu par une famille noble de Soirier. Le marqueur territorial de ce mandement était un petit château dit de Soirier situé à Groisy-en-Bornes, au-dessus du village du Plot et qui commandait un important carrefour de routes reliant Annecy, Cruseilles, Thorens et La Roche.

Aimon de Soyrie, chevalier est cité en 1253 comme témoin dans le règlement de la succession du comte Guillaume de Genève. En 1329, Rd dom Henry et noble Pierre de Soirier frères reconnaissent tenir en faveur du comte Amé de Genevois la moitié du château, biens, hommes du lieu de Groisy. Mais le château en question semble alors concerner la maison forte de Boisy (Groisy-en-Bornes) située à quelques kilomètres à l’ouest du château de Soirier. Dès lors, cettefamille est tombée en quenouille. On peut donc supposer que les comtes de Genève ont récupéré assez tôt cette seigneurie de Soirier, située dans un carrefour stratégique. Le ressort de cette seigneurie était relativement étroit. Il ne concernait que quelques villages sur Groisy (Soirier), Evires (Daudens) et La Chapelle Rambaud. Cette étroitesse permet sans doute de comprendre pourquoi on parle de vidomnat des Bornes et non de châtellenie. Il faut rappeler ici que les vidomnes (vice domini) étaient des agents du comte pour l’administration locale, qui furent supplantés dès le XIIIe siècle par les châtelains – les vidomnes, s’ils subsistaient, n’avaient plus qu’un rôle restreint et subordonné à celui des châtelains. Le vidomnat des Bornes constitue donc une exception. Sa gestion ne fut d’ailleurs confiée ni à un châtelain ni à un vidomne, mais à un simple métral qui faisait fonction de châtelain, s’occupant de la gestion et dressant des comptes. De 1325 à 1328, on possède ainsi les comptes de Thomas Panatier, métral et receveur des biens de Pierre Guillioz miles, échus, et de ceux de la mestralie des Bornes.

 

2. Le vidomnat des Bornes dans le cadre des guerres entre les comtes de Savoie et le Dauphiné

 

De 1234 à 1332, les comtes de Genève sont partie prenante dans la petite « guerre de Cent Ans » qui touche la région, occasion d’un conflit entre les comtes de Savoie et le Dauphiné (aux côtés duquel se rangent les comtes de Genève). Lors de la « quatrième guerre » (de mai à juillet 1332), le vidomnat des Bornes, en raison de sa situation stratégique, prend temporairement le titre de châtellenie de Soyrier. Sa gestion est confiée de mai 1332 à septembre 1333 à un châtelain, Pierre de Chatillion, chevalier. Quand ce dernier entre en fonction, la gestion du vidomnat semble avoir été négligée. Il est précisé que pour le froment et autres blés, vin, argent du revenu, « rien n’a été trouvé et recouvré jusqu’ici ». On l’enjoint, ainsi qu’aux autres châtelains après lui, « de s’informer avec soin des produits qui peuvent être recueillis du revenu de ladite châtellenie ». D’importants travaux de mise en défense du château sont entrepris. Il y avait déjà un donjon, une tour assortie d’une terrasse, une maisonnette près des fossés du donjon, une cour et une maison dite du four, ainsi que de petites maisons près de la porte du glacis du château, terrasse de la tour (détruite du fait des pierres des engins). On confectionne notamment une cave et une étable, on répare toutes les palissades. On installe d’autres palissades, on pratique des levées de terre et des fossés. On aménage un chemin de ronde, une porte neuve à l’entrée du donjon, un pont pour entrer de la tour dans la maisonnette sur la porte

du château, on répare le toit des échauguettes. Des sommes sont allouées pour l’entretien de 10 « hommes d’armes armés de fer », outre des guetteurs, des espions et autres messagers à certaines périodes. En outre, quinze hommes d’armes et quatre guetteurs sont tenus continuellement. Tout cela n’empêche pas le château de Soirier (Groisy) d’être pris par surprise par Hugues de Genève, qui participe alors à la coalition contre le comte Amédée III de Genève. Ce dernier assiège et reprend le castel. Il effectue ensuite une chevauchée dans le vidomnat des Bornes, possession de Hugues. En 1333 a lieu une négociation entre les deux personnages. Hugues renonce aux châteaux et mandement de Mornex et au vidomnat des Bornes en échange des fief et château de Cruseilles, à charge d’hommage

3. Après les guerres, la destinée du vidomnat des Bornes

Le vidomnat des Bornes est cité à nouveau dans les documents en 1339. A l’occasion d’une reconnaissance et d’un acte de lods (vente) qui fait intervenir des chanoines de Genève (Vallere Bonnadei et Vautier Bonjour), qualifiés alors de seigneurs ou sires du vidomnat des Bornes.

Après cette parenthèse, les archives offrent une belle série de comptes de 1368 à 1401 tenus par une série de personnages successifs qualifiés chacun de « métral et receveur des revenus du Vidomnat des Bornes » et qui forment une véritable dynastie : Perronet de Chavane (1368- 1381), Rolet fils de Perronet de Chavane (1381-1393) les héritiers de Perronet de Chavane (1393-1401).

En 1395, Humbert comte de Genève fait don à Jean Buenco d’une belle somme à prendre sur le vidomnat des Bornes. En 1402, après le changement de dynastie, le prince Amé de Savoie inféode le vidomnat des Bornes à noble Pierre de Ballaison. Ses héritiers passent régulièrement reconnaissance par la suite pour la « juridiction haute, moyenne et basse, mère et mixte empire que les comtes de Genevois ont eu et exercé dans le vidomnat des Bornes avec fourches, plots, gibets, piloris avec bois, forêts, paquéages, moulins, raises [scies], foulons, battoirs, rivages, fours, fourrages, places, montagnes, plaines, chasse, pêche, eaux, missileries, etc. » La dernière reconnaissance qui concerne la famille de Ballaison date de 1524 (reconnaissance pour noble Claude de Ballaison). De 1553 à 1555, le vidomnat offre à nouveau une série de comptes tenus par Nicolas du Noyer, « fermier du vidomnat des Bornes ». En 1628, Soirier passe à la famille de Lambert. En 1680, un contrat de vente est passé par noble François Antelme d’Angeville seigneur de Montverrou en faveur de noble spectable Pierre Gaspard de Gros, seigneur de la Tournette. Un de ses successeur, Pierre Daniel de Gros seigneur de la Tournette, passe reconnaissance en 1734.

Sources :

Régeste genevois, notice n° 852
Arch. dép. 74 : SA 101 ; 27 J 150.
Arch. dép. 73 : SA 10 (sommaire des fiefs du Genevois, rubriques Groisy et Soirier) ; SA 18044-18046 (comptes de Pierre de Chatillion de 1332 à 1333) ; SA 17321-17341 (comptes du vidomnat des Bornes de 1325 à 1401).

Dominique Bouverat